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Aerosoft Airbus X V2

 Aerosoft - 02/09/2015 - version 1.3

Présentation

Ce n’est un secret pour personne, les Airbus sont restés depuis le début le parent pauvre de Flight Simulator en terme d’add ons dignes de ce nom. Il y a bien eu des tentatives plus ou moins réussies, en allant de celui du défunt mais sympathique Phoenix Simulation Software au discutable Wilco au ubuesque Black Box Simulation. Aucun n’a jamais vraiment convaincu. Nous sommes restés au mieux dans le demi hardcore mais sans jamais égaler ce qui se fait de mieux sur Boeing ou d’autres constructeurs.
L’éditeur allemand Aerosoft avait décidé de s’y coller dès 2012 en développant les avions de la famille A320. Cela avait donné une version une fois de plus trop simplifiée, puis insuffisamment améliorée dans sa version dite Extended. L’arrivée des A318/319 en complément des A320/321 de base avait apporté quelques nouveautés mais le compte n’y était toujours pas… Décidément… La dernière mise à jour nommée V1.30 est donc officiellement ce qui se fait de mieux sur FSX à ce jour. Nous avons ainsi décidé de passer cette dernière version au crible.





L’Airbus A320, qui s’est envolé pour la première fois en 1988, est le premier avion monocouloir moyen-courrier du constructeur basé à Toulouse. Le consortium, regroupant des entreprises de plusieurs pays européens avait décidé  de lancer un ambitieux projet afin de concurrencer la suprématie de l’américain Boeing et son 737. Le pari fut plus que réussi car aujourd’hui, il a été livré à plus de 6000 exemplaires dans le monde et le nombre de commandes dépasse régulièrement celui de son rival. A terme il devrait devenir l’avion de ligne le plus répandu au monde. Une version remotorisée appelée Neo prendra la relève et a déjà engendré un nombre record de contrat.

L’A320 a été dès sa sortie un avion révolutionnaire, très en avance sur son temps, et écrasant ses rivaux de son avance technologique : commande vols électriques, glass cockpit intégral ainsi que surabondance d’ordinateurs et de calculateurs, alors que ses rivaux de l’époque disposaient d’une architecture encore très conventionnelle. Déroutant pour les pilotes à ses débuts, son cockpit avec son désormais légendaire joystick à la place du traditionnel manche à balai est l’un des plus populaires chez les pilotes, inspirant même ses grands frères A330/340 (réduisant la formation nécessaire aux pilotes pour passer d’un modèle à l’autre). Sa philosophie se retrouve même encore aujourd’hui dans l’A380 et le dernier né d’Airbus : l’A350.
La version initiale A320-100 a été rapidement remplacée par une version 200 équipée de winglets, puis a suivi la version rallongée A321, et enfin raccourcie A319 et A318. Il a même été dérivé en version VIP (ACJ). Tous ces modèles constituent la famille A320. Ils sortent des chaines des usines de Toulouse, Hambourg, et bientôt de Chine et même des… Etats Unis

Achat et installation

Au choix, on peut choisir le téléchargement ou l’expédition par colis en version boîte. Vous devez créer un compte sur le site d’Aerosoft puis vous passez commande. L’inscription permet également d’avoir accès aux nombreux forums ainsi qu’aux téléchargements de livrées. Cependant, un certain nombre est déjà inclus avec les moteurs CFM ou IAE selon le cas :

A318 :

  •   Air France
  •   British Airways

A319

  •   Air Macau
  •   Air Serbia
  •   Avianca
  •   British Airways
  •   Sichuan Airlines
  •   TAM
  •   Germanwings
  •   Air France
  •   Swiss
  •   Private
  •   American Airlines
  •   Easyjet
  •   Frontier
  •   Lufthansa
  •   TAP

A320

  •   Airbus
  •   Easyjet
  •   Air Berlin
  •   Lufthansa
  •   Niki
  •   Aerosoft
  •   Eurowings
  •   British Airways
  •   Vueling
  •   Wizz Air
  •   United

A321

  •   Air Berlin
  •   Arkia
  •   Airbus
  •   Finnair
  •   Aerosoft
  •   British Airways
  •   American Airlines
  •   Monarch
  •   Middle East Airlines

 Il existe plusieurs possibilités :
Acheter les A318/A319 ou A320/321 séparément ou le tout dans un package

Extérieur

Notre Airbus fait bonne impression dans ce domaine. Sans casser des briques, nous avons devant nous un appareil bien reproduit avec des textures propres au standard de ce qui se fait aujourd’hui. Les nombreuses livrées disponibles raviront les amateurs du genre qui pourront s’amuser à reproduire les vols de leur compagnie préférée… Les cinématiques sont satisfaisantes également.




Aerosoft a aussi pensé à l’ambiance en escale. Ainsi il est possible de brancher un GPU (Ground Power Unit), mettre des cales ou encore des plots autour de l’avion (afin de délimiter l’espace pour les manutentionnaires et les véhicules de piste). A noter aussi que les ailettes des moteurs tournent moteur à l’arrêt sous l’effet du vent
En ce qui concerne le vol, le sens du détail est un peu moins poussé. Pas l’ombre d’un wingflex, ni de trace de givrage.
A noter aussi l’absence de cabine 3D.

Intérieur

aucune gauge ne peut s’afficher en pop-up 2d, ce qui peut être un souci lorsqu’il s’agit de consulter un instrument ou un bouton rapidement (pas même le FMGS). Certains s’en plaindront certainement.

Ce cockpit 3D est cependant de très bonne facture. Les graphismes sont agréables à regarder et les textures fort détaillées. On sent vraiment qu’Aerosoft a envie d’installer le simmeur dans le siège d’un vraie Airbus en reproduisant l’ambiance la plus fidèle possible.

Aux premières impressions, le pari est réussi. Une foule de petits détails viendra renforcer la sensation « d’y être ». Il est possible d’ouvrir la fenêtre, d’abaisser les pare soleils, de sortir les tablettes (devant les pilotes en lieu et place d’un traditionnel manche qui a disparu sur les Airbus), ou encore de déplier le jumpseat.




Malheureusement, l’euphorie s’arrête vite quand il s’agit de l’ambiance de nuit. L’éclairage n’est tout simplement pas ajustable. En gros il y a un bouton jour/nuit et c’est tout. Pas de différence entre flood light (tableau de bord) et intégral light (instruments), et pas possible d’ajustement selon les différentes parties de tableau de bord. C’est pourtant devenu basique et assez simple à programmer. Nous parlerons sans hésitation d’une mesquinerie. Seule la présence de la dome light (plafonnier) console.

Modèle de vol

S' il y a bien un domaine où un Airbus est attendu au tournant, c’est bien celui-là. La raison ? Le fameux Fly-by-Wire qui colle à la réputation des Airbus depuis la sortie de l’A320.
Qu’est-ce donc exactement ? Le Fly-by-Wire (« commandes de vols électriques ») consiste à introduire un contrôle informatique entre le manche du pilote et les commandes de vol. Ainsi, lorsque que celui-ci actionne son mini-manche (qui est en fait un joystick ressemblant à celui de votre ordinateur), un signal numérique est envoyé à une série d’ordinateurs qui vont à leur tour actionner les systèmes hydrauliques pour mouvoir les gouvernes. Le déplacement du manche ne commande pas directement une position des gouvernes, mais un facteur de charge, qui lui-même ajustera ces gouvernes en conséquence afin d’atteindre l’attitude désirée. De plus, ce système a l’avantage de protéger le domaine de vol, c’est-à-dire qu’il rend théoriquement impossible les positions inusitées (grand angle d’attaque, décrochage, etc).
Ces ordinateurs se nomment : ELAC 1, ELEC 2 , FAC1, FAC2 , SEC1, SEC2, SEC3
C’est une différence fondamentale en termes de philosophie de vol par rapport à un avion à commande de vol classique.

Expliquer le fonctionnement de ce système plus en profondeur mériterait un article entier, voire un manuel, donc nous nous contenterons de cette brève description.




Aerosoft a-t-il bien réussi à simuler cette logique si particulière ? En théorie oui puisque Aerosoft mentionne :

« Des systèmes « fly-by-wire » complètement sur mesure avec protection du domaine de vol, protection de décrochage, limitation de tangage et de roulis, limitation de la force g, protection de survitesse, protection Alpha Floor, auto trim. Très agréable à piloter manuellement »

Pour avoir énormément pratiqué cet add on pendant des centaines d’heures, je peux vous répondre d’emblée que le résultat est en demi-teinte.

Le positif ?
-Les limitations de l’attitude de vol semblent correctes (max 67 degrés d’inclinaison, maintenue jusqu’à 33 degrés)
-La logique du vol manuel avec le maintien de l’attitude sans trimer, même lorsque que l’on lâche le mini-manche
-Les différentes protections en lien avec l’auto thrust (alpha floor pour le décrochage, la protection se survitesse)

Le négatif ?
-Il est nécessaire d’augmenter manuellement l’assiette pour maintenir l’altitude lors d’un virage, contrairement à l’avion réel.
-Les différentes dégradations des systèmes de commandes de vol ne sont pas simulées. Ainsi, il n’est pas possible par exemple de passer en Alternate Law (pertes de protection) ou en Direct Law (retour à une logique de commandes classiques). Dans l’A320 réel, la perte des ordinateurs ou d’autres systèmes nécessaires peut réduire les capacités des commandes de vol électriques. Hélas rien de tout çà dans notre Aerosoft, même s' il faut reconnaitre que la programmation d’une logique d’une telle complexité demanderait un travail de titan. Il est simplement possible de déconnecter l’ensemble du système via une option dans le FMGC…
-En cas de panne moteur, c’est la catastrophe. L’avion part dans une vrille inexpliquée, et cela se finit très mal. En bref, l’Aerosoft N’EST PAS simulé pour les pannes. Dommage car le Fly-by-Wire offre une aide précieuse en cas de perte d’un moteur.

Les autres aspects du modèle de vol semblent cohérents, mais hélas Aerosoft n’a pas fourni une documentation très poussée (pas de FCOM réaliste). De toute façon, s’apercevant du caractère non-hardcore de l’add on, une étude minutieuse des performances par rapport au vrai A320 n’aurait que peu d’intérêt.
Les valeurs semblent « raisonnables » pour une simulation lambda, que ce soit au niveau des performances, de la consommation ou encore des vitesses de décollage ou d’atterrissage.


Systèmes

L’essentiel est là pour un vol normal, et encore avec des lacunes. Cela signifie qu’il y a beaucoup de boutons eye-candy. C’est décidément une maladie chez les éditeurs d’add on d’Airbus…
Si les pompes à carburant, les pompes hydrauliques, ou les packs sont actifs, il y a beaucoup de choses qui font de la figuration, notamment tout ce qui concerne les systèmes d’urgences.
Ainsi, pas de commandes anti-incendie, d’évacuation, de commandes électriques d’urgence, d’oxygène, de CVR, de RAM Air Turbine, d’IDG, de commandes de vol, de commandes ventilations, ni même de pressurisation… Cela fait beaucoup tout de même…
Le système ECAM n’est que partiellement simulé. Si les paramètres moteurs et les synoptiques des systèmes sont bien là, il n’y a donc quasiment pas de checklist de panne, juste quelque messages d’infos et le mémo checklist décollage et atterrissage. Dommage, là aussi une partie importante de la logique Airbus passe à la trappe.
Il y a aussi quelques bizarreries qui ne transpirent pas le hardcore, telle que la possibilité de modifier la température intérieure uniquement au sol, ou encore de pouvoir allumer tous les systèmes sur les batteries seulement (2 X 28 Volts alors que certains systèmes consomment des milliers de Watt, une vraie prouesse technique !...)
De l’aveu d’Aerosoft, la raison est que trop peu de simmeurs utilisent ces systèmes pour que cela vaille la peine de les simuler, et que le but était d’offrir une simulation dans des conditions de vol strictement normal … Admettons.


Paradoxalement, la partie Navigation est nettement plus satisfaisante.
Le PFD et le Nav Display sont conformes à la réalité et donnent un excellent rendu.
Le FMGS (équivalent du FMC de chez Boeing) est très bien reproduit et son utilisation fort agréable. Cependant, seul le MCDU côté commandant fonctionne, celui du copilote étant réservé au menu de réglage des options de simulation. De même que le pilote automatique qui se comporte très bien (à l’exception de l’oubli du mode « EXPED »), il en va de même pour l’autothrust.
Le meilleur point est sans doute la présence d’un radar météo complet et fonctionnant bien (selon les limites de FSX…) et de l’EGPWS qui cartographique le relief et prévient des collisions avec celui-ci.




A noter, la bonne représentation de l’instrumentation en fonction du type de moteur (CFM ou IAE).


Son

C’est le point fort de notre Airbus !
L’ambiance sonore est tout simplement saisissante ! Rarement un tel niveau avait été atteint sur FSX. Des sons des moteurs aux bruits aérodynamiques, on est réellement pris par cette atmosphère.

Les différents calls se font également bien entendre. De plus, sont inclus quelques petits extras forts sympathiques. Il est possible d’entendre l’hôtesse en fonction des phases de vol, mais aussi le copilote effectuant les checklists. Ces options sont déconnectables à souhait via le menu dans le FMGC du copilote. Aerosoft nous offre également un système RAAS ou Runway Awareness and Advisory System (réalisé par FS2Crew, normalement en vente à plus de 30€). Ce système de plus en plus présent dans les cockpits délivre un message sonore annonçant la piste sur laquelle nous nous trouvons ainsi que la distance disponible restante, afin d’éviter les incursions sur la mauvaise piste.

Documentation

Il y a l’essentiel pour s’en sortir avec cet add on. Cela comprend un tutoriel, un descriptif des systèmes et une checklist normale, ainsi que quelques petits guides propres à cet Aerosoft. C’est dans la moyenne pour un add on de ce standard.

Extra

Nous avons droit à un classique Livery Manager permettant d’importer de nouvelles couleurs. Les options et réglages se font comme cités précédemment, via le MCDU côté copilote.
Plus original, un petit logiciel nommé Company route editor, permet d’importer des plans de vol et de les stocker afin de pouvoir les programmer dans le FMGS.
Nous rappellerons aussi la présence du RAAS qui constitue un point très positif.




FPS

C’est plutôt correct à condition d’avoir une configuration digne de ce nom. Ne disposant pas de cockpit 2D, les acheteurs devront vérifier s’ils arriveront à supporter cette débauche de graphismes et de pixels…

Note

  •   Achat, installation et prix : 4/6
  •   Systèmes : 4/8
  •   Modèle de vol : 5/8
  •   Graphismes 2D/3D : 5/6
  •   Documentation : 4/6
  •   Sons : 6/6
  •   Extra (utilitaire, etc..) : 5/6

Note finale : 14/20

Références

  •   Airbus Aerosoft v1.30
  •   A318/A319 et A320/321 : 40.62€ chacun (39.99€ en version boîte)
  •   Airbus Bundle (comprend tous les modèles) : 50.79€ (54.99€ en version boîte)

Plus d'informations sur le site d'Aerosoft.

Conclusion

Quand un Airbus est annoncé pour Flight Simulator, les espoirs sont toujours immenses. Tout le monde rêve de la pépite hardcore qui n’a encore jamais vu le jour. Et du coup qu’en est-il de cet Airbus d’ Aerosoft ? Il faut être honnête, l’objectif n’est pas atteint, bien que nous ayons là et de loin le meilleur Airbus réalisé à ce jour. L’ambiance exceptionnelle et les petits extras ont du mal à masquer des lacunes dans la modélisation des systèmes Airbus et l’absence de gestion des pannes. Donc non, ce n’est pas l’élu que l’on attendait mais il ravira les simmeurs moins exigeants ou ceux qui veulent avoir une idée plutôt précise du pilotage dans un cockpit d’Airbus A320, malgré le prix un peu élevé au vue des prestations.


Ce qu'on aime Ce qu'on souhaiterait voir Machine Test
C’est un Tristar ! de meilleures textures
  •   Intel Core i5 3450s CPU 2.8 Ghz
  •   RAM 8 Go
  •   NVIDIA GeForce GT620
  •   Windows 8.1 64 bits
  •   Microsoft Flight Simulator X
  • La qualité des graphismesPas de gestion des pannes
    L’ambiance sonore très réussieUn éclairage du tableau de bord plus soigné
    Des extras/goodies sympathiquesLe Fly-by-Wire perfectible
    Le cockpit partagé Les gauges en pop-up 3D
    L’ensemble FMGS/Autopilot convaincant...


    Rédaction, captures :Geoffray Lamarsalle et Xavier Jehl
    Mise en page :Geoffray Lamarsalle



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